Ehluna coaching - Clarisse Vimard

Communication et émotions : quand apaiser abîme la relation.

« Ce n’est pas grave »

« Tu exagères »

« Ne prends pas tout mal »

« Il n’y a pas mort d’homme »

La plupart du temps, ces phrases sont dites avec une intention positive : rassurer, relativiser, calmer la situation ou aider l’autre à prendre du recul.

Pourtant, il arrive qu’elles produisent exactement l’effet inverse : la tension augmente, la discussion se ferme ou la personne se sent incomprise.

Pourquoi ?

Parce qu’avant de chercher des solutions, notre cerveau cherche d’abord à savoir si ce qu’il vit est reconnu.

Pour mieux comprendre pourquoi ces phrases produisent parfois l’effet inverse de celui recherché, il est utile de regarder ce qui se joue plus en profondeur dans nos réactions relationnelles :  » Pourquoi c’est si difficile de rester « posé » face aux réactions des autres. »


Pourquoi nous cherchons spontanément à relativiser

Face à l’émotion de quelqu’un, nous avons souvent le réflexe de vouloir l’aider rapidement : nous cherchons à rassurer, à relativiser, à montrer que la situation n’est pas si grave, ou à proposer une solution.

Ce réflexe est profondément humain, puisque voir quelqu’un souffrir crée également un inconfort chez nous.

Les recherches en neurosciences relationnelles, notamment celles de Daniel Siegel, montrent que le cerveau est fondamentalement social : être en lien n’est pas un confort, mais une condition de sécurité neurologique.

Quand une phrase invalide un ressenti, le cerveau ne l’analyse pas comme un simple désaccord, mais il l’interprète comme une perte de reconnaissance, une perte de statut ou même une perte d’appartenance.

Et ces pertes activent les mêmes circuits que la menace physique.
C’est biologique.

Ce réflexe de relativisation est souvent automatique et s’active sans intention de nuire, mais ses effets relationnels sont parfois très différents de ce que nous imaginons :  » Posture : ce que votre corps dit avant (ou à la place de) vos mots. »


Ce que l’autre entend parfois derrière nos bonnes intentions

Quand on dit :

  • « Tu exagères »
  • « Ce n’est pas grave »
  • « Passe à autre chose »

L’autre peut entendre :

  • « Ce que tu ressens n’est pas légitime »
  • « Ton problème n’a pas d’importance »
  • « Je ne veux pas entendre ce que tu vis »

Les travaux de John Bowlby ont montré que la validation émotionnelle est un pilier du sentiment de sécurité.

Quand le ressenti est minimisé, deux réactions apparaissent :

  • la sur-activation (argumenter, se justifier, monter en intensité)
  • la sous-activation (se fermer, se taire, se retirer)

Ce qui crée la tension n’est pas forcément la phrase elle-même, mais ce qu’elle produit chez l’autre.

Plusieurs travaux en neurosciences sociales, notamment ceux de Matthew Lieberman, montrent que le fait de se sentir reconnu active des circuits cérébraux associés à l’apaisement et à la récompense.

À l’inverse, lorsqu’une émotion est minimisée ou ignorée, le cerveau peut interpréter la situation comme une absence de reconnaissance.

Autrement dit, nous ne cherchons pas uniquement à être compris intellectuellement, nous avons aussi besoin que notre expérience soit reconnue comme réelle.

On ne partage pas forcément l’émotion de l’autre. En revanche, nier son existence active souvent des mécanismes de défense qui compliquent ensuite le dialogue.

Et lorsque ces mécanismes se répètent dans la relation, ils peuvent rapidement influencer la qualité du lien et la manière dont les échanges sont vécus :  » Pourquoi les conflits ne se résolvent pas (même quand on a identifié le responsable) »


Les signes que l’apaisement est en train de devenir une invalidation

Face à une émotion forte, le cerveau cherche à faire redescendre la tension.

Plusieurs stratégies apparaissent alors :

  • réduire l’importance du sujet
  • rationaliser
  • relativiser
  • proposer immédiatement une solution

Le problème ?
Ce qui apaise celui qui parle peut menacer celui qui écoute.

Vous essayez d’apaiser mais :

  • l’autre se justifie davantage
  • il répète son point de vue
  • il hausse le ton
  • il se ferme
  • il répond « tu ne comprends pas »

Ce sont souvent des indicateurs qu’il ne se sent pas entendu.

Lorsque ces mécanismes sont identifiés, l’enjeu ne se limite plus à comprendre ce qui se joue, mais à apprendre à ajuster concrètement sa posture dans l’instant de la relation.

C’est précisément dans cette logique que s’inscrit la Méthode EhlunaTM, une approche qui permet de transformer ces prises de conscience en ajustements concrets dans la communication et la posture relationnelle :

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Valider ne veut pas dire être d’accord

Valider ne signifie pas approuver : cela signifie reconnaître l’expérience de l’autre comme réelle.

Beaucoup de tensions relationnelles naissent de cette confusion : nous pensons que reconnaître une émotion revient à cautionner l’interprétation qui l’accompagne.

Pourtant, il est tout à fait possible de reconnaître ce qu’une personne ressent sans adhérer à sa lecture des faits. Par exemple :

A la place de :

« Tu exagères »

Préférez :

« Je ne le vois pas comme ça, mais je comprends que ce soit important pour toi »

Dans le premier cas, l’émotion est contestée. Dans le second, elle est reconnue, même si le désaccord demeure.

La différence tient en quelques mots, mais elle modifie complètement la lecture neurologique de la situation, et cette nuance est importante, car elle touche directement à la régulation émotionnelle.

Cette capacité à reconnaître l’expérience de l’autre sans renoncer à son propre point de vue constitue un levier central dans la qualité des relations professionnelles :  » Un leader n’est pas au-dessus de l’équipe. »

Lorsqu’une personne se sent entendue, son système nerveux n’a plus besoin de consacrer autant d’énergie à défendre son point de vue ou à prouver ce qu’elle ressent.

À l’inverse, lorsqu’elle perçoit que son expérience est contestée ou minimisée, la conversation se déplace souvent sans que personne ne s’en rende compte.

Le sujet initial passe au second plan et une autre question apparaît :

« Ai-je le droit de ressentir ce que je ressens ? »

« Suis-je en sécurité dans cette relation pour exprimer ce que je vis ? »

Tant que cette question relationnelle n’est pas stabilisée, les arguments rationnels ont souvent peu d’effet. Le cerveau reste mobilisé sur la protection plutôt que sur la résolution.

Ces ajustements peuvent sembler simples sur le papier, mais ils demandent souvent un véritable changement de posture dans la manière d’entrer en relation. Découvrez l’expérience immersivedu coaching assisté par le cheval à travers le parcours en équicoaching de N., responsable d’équipe.


En conclusion

Vouloir apaiser est une intention louable.

Mais lorsqu’elle prend la forme d’une minimisation ou d’une rationalisation trop rapide, elle peut produire exactement l’effet inverse de celui recherché.

Avant de chercher à calmer une émotion, il est souvent plus utile de commencer par lui faire une place, car ce qui apaise durablement une relation n’est pas toujours la solution apportée.

C’est souvent le sentiment d’avoir été compris, et c’est précisément dans ces ajustements du quotidien que le rôle du leader prend toute sa dimension relationnelle.

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